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Le pastoralisme : recherches, archives, images


"Quand on parle du loup"
Film Avenir et Sylvain MENOUD présentent : "Quand on parle du loup". Film documentaire de Sylvain MENOUD.
Contact: Sylvain.menoud@wanadoo.fr

Si aujourd’hui je fais ce travail d’enquête auprès des bergers, c’est simplement parce qu’enfant, j’ai gardé les vaches à une époque où un petit troupeau suffisait à nourrir une famille. Ces vaches paisibles m’ont laissé le temps d’écouter le vent, d’écouter l’histoire que raconte l’eau quand elle file. J’observais la formation des nuages et j’avais ainsi les nouvelles du monde. Ce, jusqu'à huit ans et demi, ensuite la ville, Paris, alors une autre histoire a commencé.

Intention

Ce film documentaire se démarque du fait qu'il y a un regard intérieur du monde rural.

Le loup sera un prétexte pour observer entre autre notre comportement face à l'environnement, le rapport citadin-rural, la production animale.

Nous constatons que la réapparition du loup en 1992 a réveillé des esprits que l'ont croyait définitivement enfouis.

Le métier de paysan est vieux de 9000 ans et donc enraciné, le dialogue, la notion d'espace en montagne, la durée, les valeurs, diffèrent de celles des gens qui n'ont pas les mêmes contraintes climatiques et vivant eux même dans des espaces restreints.

Ces même gens qui ne pratiquent pas la montagne voit en lui un animal, libre, beau, sauvage, ce qu'ils rêvent d'être enfin.

J’ai filmé le berger éleveur de montagne pendant un an afin de comprendre sa réalité au quotidien.

Toutes ces rencontres avec aussi d'autre éleveurs, des techniciens agricoles, des ministères, des écologistes, des syndicats ainsi que des scientifiques, nous permettrons de mettre en évidence les positions sur la question: quelle société voulons nous pour demain ?

Philosophie

Le loup, cet animal mythique, avait disparu de l’Hexagone depuis un siècle. Comment et pourquoi avait-il disparu ?

Je suis trop jeune pour avoir connu le comportement de la population du XIXème siècle envers le loup, pourtant j’ai l’impression qu’il suscite aujourd’hui comme hier des passions, différentes selon chacun.

Cet animal est gravé dans notre être profond avec un statut particulier : soit il est admiré, soit il déchaîne des haines et le débat qu’il génère a toujours un fond de violence !

Depuis la réapparition du loup dans le département des Alpes de Haute Provence où je vis, les langues vont bon train à son sujet. A mesure que le temps passe, je m’aperçois qu’il divise toujours plus les gens selon leurs fonctions, leurs croyances, et peut-être aussi leurs intérêts.

Pour comprendre la place du loup, j'ai commencé à étudier la bête du Gévaudan, nous n'avons pas de preuves tangibles d'attaques de loups ou de monstres sur l'homme malgré les centaines de témoignages étranges et troublants, la plupart des écrits de procès verbaux issus d'hommes d'églises, qui ont débouché sur des interprétations parfois édifiantes. Cette terrible période a traumatisé la société française et le loup a incarné le diable durant des siècles d'où le traumatisme qu'il génère encore actuellement à travers certaines cultures. On touche ici au sacré : effectivement, si l'on remonte aux premiers écrits, le loup est le prédateur de la blanche brebis pure.

J'ai recueilli de rares témoignages récents de gens de la terre qui me disent que, bientôt, il va y avoir des attaques de loups sur l'humain, plusieurs familles se souviennent aussi de leurs parents qui parlaient d'attaques sur les enfants qui gardaient les troupeaux.

Nous n'avons aucune preuve d'agression de ce genre pas plus dans les archives départementales que dans la presse de l'époque.

Cet animal fascine des gens vivant loin des réalités de la terre; ces personnes perçoivent les éléments d'une façon philosophique, ce qui n'est pas compris du monde rural qui est par contre confronté au problème du loup dans son quotidien.

"Ginou" est berger dans les Monges; je le suis pendant un an afin de comprendre son travail, ses peines et ses bonheurs, et évaluer quelles sont les répercutions des attaques dans son fonctionnement. Mais je voudrais également montrer la connaissance qu'il a de tous ses voisins animaux et donc, son implication dans l'environnement.

L'objectif premier est une meilleure compréhension :

Ce film a pour intention de donner la parole à tous, à toutes les parties actives : bergers, petits éleveurs de montagne, techniciens administratifs, monde agricole, écologistes, citadins, scientifiques, historiens, et politiques.

Entre les doléances et les propositions des uns et des autres (bergers, éleveurs, syndicats agricoles, écologistes, etc), je remonte jusqu’au ministère, ce qui me semble être constructif pour toutes les parties concernées car je ne prends pas moi-même position.

J'ai l'intention de ne mettre ni le nom ni la fonction des gens afin que le spectateur 1/ ne les juge pas, 2/puisse écouter avec plus d'attention.

Sur le terrain, j'ai ressenti le besoin qu'ont les gens de s'exprimer, la nécessité d'écouter la parole de toutes les parties opposées sur un support neutre, à tel point que plusieurs élus, universitaires, associations et organismes m'ont demandé d'utiliser ce film pour lancer un débat public.

Mon angle de vue a pour ambition de lever le voile et d'ouvrir le débat car j'ai le respect et la compréhension de la parole donnée , lorsque les gens ont accepté de se confier à moi, ils m'ont fait part de leurs craintes que leurs propos soient transformés et interprétés différemment.

Ce film a un but d’éducation, d’information et d’analyse à propos de la vie sociale, et vise à susciter le débat. Par le biais de ce prédateur, nous touchons à la culture, à l'économie, au sacré et la politique, qui sont divisés en deux mondes - rural et citadin - dont l'environnement direct définit les priorités. J'ai pu remarquer qu'il y a entre eux une incompréhension terrible ainsi qu'une violence sous-jacente, d'où l'urgente nécessité du débat.

Il faut se rappeler que la population des ruraux représente 20 % et celle des citadins 80 %. Ces chiffres mettent en avant le déséquilibre de choix de société, une petite partie des 80 % qui fréquentent la montagne n’imaginent pas les besoins des bergers, du point de vue économie rurale (emplois) et qualité de production, pas plus que l’importance des troupeaux sur l’environnement, quand il ne s’agit pas de surproduction, bien sûr.

Au niveau national, la place des élus est simple à comprendre au vu de ces chiffres.

- Au niveau local, bien souvent les lobbies les plus forts sont représentés au détriment des plus petits, comme les éleveurs de montagne , en ce qui nous concerne.

- Au niveau de l'Europe, c'est le pompon car sur le territoire, elle est perçue comme une grosse machine administrative, et incomprise ici car son mode de fonctionnement est très lourd et loin des réalités liées au social et au culturel local.

synopsis

La trame de fond est construite à partir du quotidien et de la philosophie d’un berger, Gilbert AUDEMAR, qui vit en alpage l’été et l’hiver en moyenne montagne, dans le massif des Monges. Ce personnage a une forte personnalité tout en étant très attachant.

Sur cette trame de fond, viendront se greffer les témoignages de bergers ayant des techniques d’élevage très différentes les unes des autres.

Les éleveurs, les syndicats ovin, les associations écologistes , les techniciens administratifs de l'ONF, de l'Environnement, et de l'agriculture, les hommes politiques locaux, l'abattoir de Sisteron, seront ensuite représentés.

Tous ces interviews recueillis seront entrecoupés de vues du paysage fabuleux qu'offre le Massif des Monges. Pour ce qui est des respirations nécessitées par les nombreux dialogues, elles se feront grâce à la présentation du travail du berger filmé sur un an autour de différents thèmes, par exemple : le bain, la tonte, la transhumance, les vaccins, etc..

Des témoignages de sociologues, éthologue et psychologue viendront clore le film, non pas en donnant des réponses mais en orientant nos questionnements sur le rapport entre la société humaine et le "sauvage".

Participation

J'ai déjà réalisé une bande de travail d'une durée de 20 minutes pour faire réagir et intéresser les chaînes de télévisions et les professionnels à mon travail.

Université Rennes II laboratoire d'anthropologie clinique, théorie de la médiation de M. Jean Gagnepain.

"Les Rendez-vous de l'histoire" de Blois pour le thème de cette année 2001 : "l'homme et son environnement, quelle histoire?" pour la conférence de Mme Liliane Bodson " la peur du loup".

Le MMSH d'AIX en Provence dans le cadre du pastoralisme : son passé et son devenir.

IUFM du rectorat de Créteil le cinéma de fiction et l'histoire: l'image cinématographique, un support pédagogique: collège-lycée .

Tous ces organismes m'ont demandé de participer avec mon film comme support à une projection débat.

Sont actuellement partenaires financiers du film:

La fondation de France

Le Ministère de l'environnement

Le Ministère de l'agriculture

Le programme Life loup

Nous sommes en cours de négociation avec d'autres organismes.

Technique

Lieu:

L'essentiel du tournage se passe dans le massif des Monges situé dans les Alpes des Hautes Provence, d'autres tournages et ITW auront lieu dans les Alpes maritimes, à Aix-en-Provence et à Paris, mais aussi l'Italie, l'Espagne, et la Norvège sont intéressés donc en projet pour l'instant.

Durée du tournage:

Prévue sur un an du fait que je filme un berger sur quatre saisons.

Support :

- BETACAM numérique. Sony DVW 790

- 16/9 ème, grand angle

Couleur

 Durée 52 minutes

- Son stéréo numérique

Montage sur AVID

© Adam ~ 2009