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Le Daour des Regraga

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Le Daour des Regraga

Exposition virtuelle sur les chemins de la Baraka

Manoël Pénicaud 

 Voir l'expo

 

Les Regraga accomplissent à chaque printemps un pèlerinage de quarante jours appelé Daour (tour) – pendant lequel « ils tournent sur les saints ». Ils visitent en effet pieusement les tombeaux de quarante-quatre de leurs saints ancêtres disséminés dans le pays Chiadma au nord de la vie côtière d’Essaouira. Le mythe fondateur raconte comment sept premiers saints – chrétiens berbères à l’origine - auraient rencontré le Prophète Mohammed à la Mecque de son vivant et se seraient convertis à l’islam à son contact. Ce dernier, après les avoir affublés du nom de Rejraja, les aurait chargés de rapporter cette nouvelle religion au Maroc[1]. Ainsi, seraient-ils des Compagnons du Prophète ignorés ainsi que les premiers musulmans du Maghreb.

Représentants d’un certain soufisme populaire et rural au Maroc, les Regraga forment une confédération maraboutique peu connue, organisée en treize zaouïas auxquelles appartiennent tous les descendants des quarante-quatre saints, eux-mêmes issus des sept saints fondateurs. J’estime la distance du pèlerinage entre 450 et 500 kilomètres, parcourus principalement à pied ou à dos d’âne. Notons que les Regraga sont difficilement quantifiables, puisque chacun est libre d’effectuer une partie ou la totalité du Daour. Ainsi, sont-ils parfois des centaines, voire des milliers à certaines étapes, mais cheminant par groupes réduits et distincts, selon des sentiers connus d’eux seuls, à travers la province rurale d’Essaouira.

En chemin, les Regraga, distribuent la Baraka – la grâce divine – aux habitants des contrées traversées. Leurs adeptes viennent solliciter ces « hommes purs » afin qu’ils prient en leur faveur pour des motifs aussi variés que la santé, le mariage, l’enfantement, la réussite professionnelle ou scolaire, etc. En guise de contre-don, les gens offrent aux Regraga des biens en espèces ou en nature, ainsi que le gîte et le couvert. Chaque étape donne lieu à un moussem, fête locale et patronale en l’honneur du saint concerné, où les rituels religieux (prières, offrandes, processions) jouxtent le souk marchand où viennent s’approvisionner les gens de ces contrées reculées. Le passage des Regraga est un grand jour de fête, et ils doivent être accueillis avec honneur, comme des « seigneurs » puisqu’ils sont considérés comme des chorfa. Telle est la toile de fond de cette exposition virtuelle sur les chemins de la Baraka.

 

 

Pour en savoir plus sur le sujet, Manoël Pénicaud est également auteur du livre Dans la peau d'un autre (Presses de la Renaissance, 2007), et réalisateur du documentaire Les chemins de la Baraka (Tita productions, 2007).

 


 

Notes
 

[1]  Ne comprenant pas leur dialecte berbère, Fatima, la fille du Prophète, se serait exclamée : « Qui sont ces hommes qui bredouillent? ». A quoi le Prophète aurait répondu : « Tu viens de leur donner leur nom : Rejraja ». Tel est le mythe fondateur qu’il n’était pas question de remettre en question et que nous prenons au sérieux comme les Regraga eux-mêmes.

© Adam ~ 2009